Podcast Tech 45 avec une interview de Paul Midy

Paul Midy : « Pour créer de l’emploi, il faut continuer à lever des fonds »

Lors d’un entretien de 45 minutes, le podcasteur Sébastien Couasnon a invité le député Paul Midy à discuter de l’état actuel de l’écosystème entrepreneurial français et des défis auxquels la French Tech est confrontée. Un entretien intégralement disponible sur le podcast Tech 45’ (à découvrir ici). Le député détaille les dispositifs mis en place et les incitations fiscales qui ont pour objectif d’aider les startups.

Un écosystème en question

Le débat sur le nombre réel de start-ups en France, estimé entre 10 000 et 30 000 selon les critères de référencement de la French Tech, reflète les incertitudes entourant la mesure de la vitalité de cet écosystème. Paul Midy reconnaît que malgré les succès passés, les dernières années ont été marquées par des vents contraires, mettant en difficulté de nombreuses start-ups à lever des fonds.

Des objectifs ambitieux

Le rapport Midy, célébrant les 10 ans de la French Tech, met en lumière une croissance des levées de fonds, passant de 2 à 23 milliards d’euros entre 2017 et 2023. 

Toutefois, le député insiste sur la nécessité pour la France de se positionner en tête du classement européen, de privilégier les deeptechs pour diversifier son industrie et de promouvoir la parité au sein de la French Tech.

Il regarde souvent outre-Manche. Quand 8 à 9 milliards sont levés en France en 2023, c’est le double (16 milliards) qui est levé au Royaume-Uni.

De l’exonération de charges…

Pour atteindre ces objectifs, Paul Midy préconise un renforcement de l’investissement dans les start-ups, soulignant l’importance de comprendre à la fois les défis spécifiques et la vision globale. Le rapport Midy vise à stimuler la création d’emplois, à assurer une certaine autonomie technologique et à favoriser la transition écologique.

L’incitation fiscale permet désormais aux entrepreneurs de lever des fonds auprès de particuliers, avec des avantages fiscaux substantiels. Paul Midy estime que cette approche pourrait créer des milliers d’emplois, tout en offrant un retour sur investissement pour l’État.

Depuis le 1er janvier 2024, les différents dispositifs fiscaux, inspiré du système britannique, sont actés dans la loi. D’abord, il y a des exonérations :

  • Les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) sont des PME de – de 250 salariés, de moins de 8 ans, qui dépensent + de 15 %  de leur base de coûts en R&D. Ce statut ouvre à l’exonération de toutes les charges patronales des salariés concernés par la R&D.
  • Ce dispositif, déjà existant, a été élargi à une nouvelle catégorie. La Jeune Entreprise d’Innovation et de Croissance (JEIC). Le mécanisme est le même que pour le statut JEI sauf que l’on parle de 5 à 15 % des coûts R&D et on y ajoute un critère de croissance. Critère qui ne devrait pas tarder à être précisé par décret.
  • Enfin, le dispositif Jeune Entreprise d’Innovation de Rupture (JEIR) prévoit de s’appliquer aux entreprises qui présentent plus de 30 % de frais de R&D.

…. aux incitations fiscales pour les particuliers

Des business angels ou même des particuliers peuvent décider d’investir dans des entreprises ou accompagner financièrement des aventures entrepreneuriales, grâce aux dispositifs mentionnés. Les investisseurs se doivent d’être éclairés et pro-actifs dans leurs recherches d’informations. Ces investissements pouvant présenter des risques, par nature.   

  • Un particulier peut investir jusqu’à 150 k€ dans une Jeune Entreprise Innovante (JEI). Il pourra bénéficier de 30 % de réduction d’impôts jusqu’à 50 000 € sur 5 ans (hors du plafond des niches fiscales).

Le député espère ainsi :

  • 30 à 50 000 emplois créés
  • multiplier par deux le nombre d’entreprises innovantes aidées

Paul Midy estime le dispositif rentable pour l’Etat en 3 ans.

Accompagnement et innovation

Pour optimiser l’utilisation des dispositifs de soutien, Paul Midy recommande aux entrepreneurs de recourir à des experts pour maximiser leurs investissements en R&D et naviguer dans le paysage fiscal complexe. Parallèlement, le développement du crowdfunding pourrait élargir les sources de financement pour les start-ups.

En conclusion, l’entretien avec Paul Midy offre un regard objectif sur les défis et les opportunités qui se présentent à la French Tech. Bien que confrontée à des obstacles, la France semble déterminée à renforcer son écosystème entrepreneurial et à rester compétitive sur la scène internationale.

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